Parler du burnout




 

Isabelle Grisar


 

Isabelle Grisar est coach certifiée, facilitatrice et formatrice depuis 20 ans et spécialisée dans la prévention du burnout depuis 2014.  

Ce qui lui fait vibrer ? Voir des équipes et des entreprises qui gardent l’équilibre et qui performent sans s’épuiser.  

Elle convaincue qu’il vaut toujours mieux prévenir que guérir. Alors elle guide ses clients pour identifier ce qui fatigue les équipes et pour bâtir des solutions concrètes, humaines et durables.

Et sa petite touche personnelle ? Ce qui caractérise son travail, c’est qu'elle préfère adapter la théorie à la pratique et pas l’inverse. Ses clients vivent dans la vraie vie, pas dans un livre. 

 

Pas de tabou, pas de langue de bois : elle parle du burnout avec réalisme et pragmatisme… mais sans dramatiser. Car on peut s’en préserver sans se prendre au sérieux. 



Introduction

Cette rencontre « Inspire » accueille Isabelle Grisard, coach certifiée, facilitatrice et formatrice depuis 20 ans, spécialisée dans le burn-out et sa prévention (notamment depuis 2014). Son approche est volontairement pragmatique : adapter la théorie à la réalité des équipes, dédramatiser sans banaliser, et proposer des pistes concrètes pour performer durablement sans s’épuiser.

Résumé global de la rencontre

Isabelle définit le burn-out comme un état d’épuisement provoqué par une exposition à un stress chronique, c’est-à-dire des épisodes de stress répétés sans récupération. Le stress ponctuel est utile et normal ; c’est l’alerte permanente qui abîme. Elle insiste sur une lecture simple : le burn-out est un problème d’énergie, quand les dépenses dépassent durablement les gains, jusqu’à la “panne” (métaphore de la voiture en surchauffe / sans carburant).

Elle déconstruit les préjugés : ce n’est pas “la maladie des faibles” mais souvent celle des personnes très engagées, qui tiennent trop longtemps. Elle rappelle que seul un médecin peut poser un diagnostic, et propose une distinction éclairante :

  • burn-out = envie présente, énergie absente, souvent lié à un domaine (souvent le travail) ;

  • dépression = envie absente, maladie psychique touchant tous les domaines.

Sur la récupération, elle affirme que le repos seul ne suffit pas : il faut “recharger” et reconstruire. La prise en charge est souvent multidisciplinaire : médecin + parfois psychologue/psychiatre (pour le “pourquoi”), puis coach (pour le “comment” et la reconstruction, retour au travail, limites). Elle détaille des leviers de prévention et de récupération en travaillant trois “batteries” : physique, mentale, émotionnelle, avec une place forte donnée au sommeil, au mouvement, à la déconnexion, au tissu social, et à la nature.

Enfin, la discussion aborde la banalisation du mot “burn-out” : on ne “se met” pas en burn-out, et même sans diagnostic, une souffrance doit être prise au sérieux. Côté entreprise, Isabelle parle de co-responsabilité : l’organisation doit rendre les objectifs atteignables (ressources, culture), et l’individu doit apprendre à connaître et poser ses limites. Elle conclut aussi sur le recrutement : une personne ayant traversé un burn-out peut avoir développé des compétences précieuses (résilience, conscience de soi, vigilance).

10 messages clés

  1. Le stress ponctuel est normal et utile ; c’est le stress chronique sans récupération qui mène à l’épuisement.

  2. Le burn-out est avant tout une panne d’énergie : dépenses > gains, jusqu’à la rupture.

  3. Ce n’est pas une faiblesse : c’est souvent le prix d’un engagement intense et prolongé.

  4. Seul un médecin peut diagnostiquer ; il faut exclure d’autres causes possibles aux symptômes.

  5. Différence repère : burn-out = envie sans énergie ; dépression = énergie possible sans envie (maladie psychique).

  6. Le repos seul ne guérit pas : il faut recharger et reconstruire des stratégies durables.

  7. La récupération demande souvent une approche multidisciplinaire (médecin, psy, coach, hygiène de vie).

  8. Prévenir passe par l’entretien de trois batteries : physique (sommeil, mouvement), mentale (pauses, agenda), émotionnelle (émotions, tissu social).

  9. Dire non se travaille : privilégier un non factuel (priorités, charge, agenda) plutôt que confrontational.

  10. En entreprise, le burn-out est un signal : la prévention est une co-responsabilité entre individu et organisation.

     

     

     

    Points importants abordés

  • Définition opérationnelle du burn-out : épuisement dû au stress chronique, déséquilibre énergétique.

  • Mécanismes du stress : réponse corporelle (hormones, mobilisation “fuir/attaquer”), danger si non évacuée.

  • Préjugés et stigmatisation : burn-out ≠ fragilité ; valorisation des profils engagés.

  • Différenciation burn-out / dépression : nature (énergie vs maladie psychique), périmètre (domaine vs global).

  • Diagnostic : nécessité de consulter, temps médical, exclusion d’autres troubles.

  • Récupération : acceptation, compréhension de la “perte de carburant”, reconstruction et retour au travail.

  • Rôles psy / coach : psy = “pourquoi” + histoire + sortie de crise ; coach = “comment” + futur + stratégies.

  • Trois batteries : physique / mentale / émotionnelle, et leviers concrets associés.

  • Fatigue émotionnelle en équipe : cynisme, fatigue de l’empathie ; rituels simples de check-in.

  • Entreprise et prévention : objectifs atteignables, ressources, culture d’écoute, sécurité psychologique.

  • Recrutement après burn-out : pas un red flag ; compétences développées + rôle d’alerte “canari dans la mine”.

  • Banalisation du terme : “je me mets en burn-out” = usage inapproprié d’un diagnostic sérieux.

 

Moments forts

 

  • La métaphore de la voiture (surchauffe / panne / carburant) qui rend le burn-out immédiatement compréhensible.

  • Le renversement de perspective : “maladie des forts”, et appel à arrêter de stigmatiser les personnes touchées.

  • La distinction simple et mémorable : burn-out = envie sans énergie / dépression = énergie sans envie.

  • Le message clé sur la récupération : “se reposer ne suffit pas”, il faut recharger et reconstruire.

  • Le passage recrutement : un burn-out peut être un signal systémique et une personne “reconstruite” peut être une ressource forte.

Synthèse finale

 

La rencontre met en avant une vision claire : le burn-out n’est pas un effet de mode ni une faiblesse, mais la conséquence d’un stress chronique sans récupération, vécu comme une panne énergétique. La priorité est double : agir tôt (diagnostic médical, écoute des signaux, acceptation) et reconstruire durablement (approche multidisciplinaire, stratégies concrètes, travail des limites). La prévention repose sur l’entretien des batteries physique, mentale et émotionnelle, mais aussi sur un cadre collectif : une entreprise qui rend les objectifs atteignables et permet de parler de charge protège ses équipes. Au final, l’enjeu n’est pas de “revenir comme avant”, mais de revenir plus conscient, mieux équipé, et plus durable.

 
 

 

 

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